Omniprésent à tous les niveaux de notre société, le plastique figure parmi les matériaux les plus utilisés au monde. Pour autant, son utilisation massive génère d’immenses quantités de déchets. Et si la consommation de plastique en France ne cesse de croître, son taux de recyclage est lui relativement faible : seulement 24 % en 2021 !

Un résultat médiocre face à un enjeu pourtant crucial. Mais comment le plastique est-il recyclé exactement et quelles sont les grandes familles à distinguer ? Réponses dans cet article.

 

Les étapes du recyclage du plastique (PET)

 

Étape 1 – Tri des plastiques par les consommateurs

 

Le processus débute chez les consommateurs (qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises) lorsque ces derniers trient leurs déchets plastiques ou décident de les acheminer directement dans un centre de tri.

 

Étape 2 – Regroupement des plastiques et premier contrôle qualité

 

Les déchets sont ensuite récupérés puis transportés dans ces installations intermédiaires. Une fois sur place, les plastiques sont triés par types afin de les orienter dans la bonne direction. Dans la foulée, un contrôle qualité est réalisé par les équipes sur place pour éliminer les éléments parasites.

 

Étape 3 – Compactage et acheminement vers un centre spécialisé

 

Une fois trié, le plastique est passé dans une presse pour le compacter et faciliter son transport vers les usines spécialisées via camion ou train en général.

 

Étape 4 – Broyage et nettoyage des matériaux

Les usines de recyclage du plastique prennent ensuite la main sur le processus et passent les “balles” compactées dans un broyeur à lames rotatives permettant de créer de petites billes ou des paillettes de plastique de couleurs hétérogènes.

Bien souvent, le plastique usagé provient d’emballages divers sur lesquels on retrouve généralement des étiquettes et de la colle par exemple. Une opération de séparation est donc menée dans la foulée sur les billes ou les paillettes : le plastique déchiqueté est placé dans des laveuses puis nettoyé grâce à de l’eau chaude combinée à des produits détergents.

 

Étape 5 – Séchage des paillettes

 

Le recyclage du plastique se poursuit par le séchage des paillettes dès la sortie de leur bain. Cette étape est indispensable pour préparer l’opération de recyclage suivante.

 

Étape 6 – Second contrôle qualité

 

Une fois sèches, les paillettes de plastique sont de nouveau inspectées. L’objectif est d’identifier d’éventuelles irrégularités et, le cas échéant, les retirer du lot.

 

Étape 7 – Extrusion et homogénéisation

 

Le recyclage des plastiques se termine par un passage dans un compartiment à très hautes températures (280 degrés précisément) pour faire fondre les paillettes et constituer un ensemble homogène. Le tout est ensuite modelé selon les demandes des clients : il peut s’agir de plaques, de tubes, de granulés…

 

 

Connaître les principaux types de plastique en circulation

Le “plastique” au sens large peut se retrouver sous de nombreuses formes. Ces dernières n’ont pas toutes le même potentiel de recyclage. Penchons-nous sur les principales familles de plastiques pour y voir plus clair : 

 

PET (polyéthylène téréphtalate)

 

Il s’agit là de la famille de plastiques la plus communément utilisée. On le retrouve dans de nombreux emballages et contenants : bouteilles, flacons, bouchons, barquettes de plats préparés, etc.

Il s’agit d’un plastique très répandu se prêtant bien au recyclage. C’est pour cela que nous l’avons choisi pour illustrer le processus de valorisation du plastique en début d’article.

 

PEHD (polyéthylène haute densité)

 

Le PEHD se caractérise par son opacité par rapport au PET généralement transparent. Robuste, léger et résistant aux écarts de températures, le PEHD est aussi hautement étanche et n’est que très peu sujet à la corrosion. Il est communément utilisé dans la création de bouteilles et flacons. On le retrouve aussi très largement dans la tuyauterie grâce à sa grande résistance.

 

Ce type de plastique se recycle également très bien (100 %) et fait partie des éléments les plus recherchés par les recycleurs.

 

PEBD (polyéthylène basse densité)

 

Proche cousin du PEHD, le PEBD se différencie, comme son nom l’indique, par sa faible densité et une structure en branche contrairement à la structure linéaire du PEHD.

De plus, là où le PEHD est rigide et très résistant, le PEBD est flexible. Il est largement employé pour la conception de sacs plastiques, de petits flacons ou de revêtements intérieurs pour certains emballages.

Contrairement au PEHD, sa recyclabilité est limitée, sa séparation étant difficile dans les chaînes de recyclage.

 

PVC (polychlorure de vinyle)

 

Le PVC est relativement similaire au PEHD. En revanche, il est plutôt fragile et est parfois considéré comme problématique du fait des nombreux additifs (dont le chlore) utilisés pour sa fabrication, souvent dangereux pour la santé.

Il est majoritairement utilisé dans la construction (sols, murs, cloisons, canalisations, gaines électriques, etc.), l’emballage de divers produits, l’automobile (planche de bord et finition intérieure notamment) ou encore le secteur médical (gants, ustensiles, tubes…)

Il s’agit d’un plastique peu recyclable à cause des nombreux produits chimiques utilisés pour sa conception.

 

PP (polypropylène)

 

Il s’agit d’un autre plastique de basse densité. On le retrouve dans l’automobile (tapis de sol, finition, etc.), la fabrication d’ustensiles de maison (plats, bols, bassines, etc.) et le domaine médical pour certains emballages et instruments.
Il est résistant à l’eau, à la plupart des produits chimiques et à la corrosion. En outre, sa faible densité lui confère une certaine légèreté. Enfin, il est relativement malléable en plus d’être un bon isolant.

Le Polypropylène est l’un des plastiques les mieux recyclables.

 

PS(6) (Polystyrène)

 

Terminons avec le polystyrène, peu cher et excellent isolant thermique. Il est également très léger et aisément manipulable avec des outils basiques. En revanche, il est hautement inflammable. Il est communément employé pour l’isolation des bâtiments, la protection de produits pour le transport ou la conception de certains emballages.
Bien que recyclable, le polystyrène figure parmi les plastiques les moins recyclés actuellement, principalement pour des raisons techniques.

 

chaîne de recyclage du plastique

 

Cinq avantages liés au recyclage du plastique

 

1 – Protéger l’environnement en réduisant les déchets

 

L’utilisation massive et constante du plastique combinée à sa très lente décomposition (des centaines ou milliers d’années !) fait de lui un fléau des écosystèmes naturels. Dans les forêts, les plaines, les montagnes ou les océans, les déchets plastiques peuvent causer des ravages en perturbant le fonctionnement “naturel” de la faune et de la flore.

Notions par ailleurs que 81 % du plastique mis sur le marché devient un déchet dans l’année qui suit !

Pour limiter ce phénomène et réduire les cas extrêmes (tels que le vortex de plastique dans l’océan Pacifique), le recyclage figure parmi les solutions les plus pérennes.

 

2 – Limiter l’extraction de ressources fossiles

 

À l’instar de toutes les ressources disponibles sur notre planète, le pétrole est présent en quantités finies (bien que colossales). Le consensus actuel nous donne une cinquantaine d’années de réserves en pétrole au rythme de production actuel.

Le plastique étant fabriqué à partir de pétrole, l’augmentation de la part recyclée en circulation permet de réutiliser le matériau et donc de réduire la pression sur les ressources naturelles. Pour illustrer le propos, une tonne de plastique recyclé économise entre 2000 et 3000 litres de pétrole !

 

3 – Réduire la pollution

Le recyclage du plastique émet assez peu de CO2 en comparaison des méthodes employées pour sa fabrication initiale. Cela en fait donc une alternative particulièrement vertueuse à l’extraction et la production classiques.

 

4 – Consommer moins d’énergie

 

Si le recyclage est avant un levier écologique, il est aussi très intéressant d’un point de vue économique. En effet, recycler du plastique et lui donner une nouvelle vie consomme jusqu’à 50 % d’énergie en moins que le processus de production classique à partir d’hydrocarbures.

Plus précisément, le recyclage d’une tonne de plastique permet d’économiser environ 5800 kWh, soit l’énergie consommée par deux personnes sur une année complète.

 

5 – Créer des emplois

 

Le secteur du recyclage connaît une évolution constante depuis de nombreuses années, avec une progression de l’ordre de 2 ou 3 % chaque année. En 2020, ce sont pas moins de 28 000 emplois non délocalisables qui étaient associés au recyclage en France, dont près de 90 % en CDI.
Les profils sont divers : collecte, gestion et suivi des opérations, ingénierie ou encore administratif.

Ainsi, l’accroissement du potentiel de recyclage est un vecteur de création d’emplois relativement important au niveau régional.

 

Le recyclage du plastique, de par la variété de produits en jeu, est donc complexe. Il demeure une affaire de spécialistes. Les experts en valorisation, comme Sorevo, sont d’ailleurs disposés à s’impliquer dans la structuration de filières cohérentes. Dans le cadre d’une économie circulaire, il est aussi important de trouver des débouchés locaux pour les plastiques recyclés, ce qui suppose aussi une prise de conscience de la part des industriels.

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